Chanter, c'est prier deux fois
La liturgie a besoin de la beauté du chant pour rendre gloire à Dieu et manifester la participation de son peuple.
Chantons donc de tout notre coeur, louons en choeur notre Père des Cieux !
« Chantez Dieu de tout votre coeur, avec reconnaissance, par des psaumes, des hymnes et des cantiques inspirés » (Saint Paul aux Colossiens).
«La liturgie exige la beauté du chant, dit notre pape (Benoît XVI, au choeur de la chapelle Sixtine, le 22 décembre 2005); ce n'est pas un ornement marginal », mais un élément important de nos assemblées dominicales. Il signifie la beauté et la solennité de la liturgie, et permet la participation des fidèles. Ceux ci n'« assistent» pas à la messe, ils n'en sont pas les « spectateurs étrangers ou muets » : en chantant, ils expriment leur « pleine, consciente et active » participation à la célébration eucharistique selon le Concile Vatican II.
Ce chant liturgique doit répondre à la dignité et à la sainteté de la liturgie. Il fait corps avec elle : il doit donc être adapté à la vérité de la foi, à la parole de Dieu et au temps liturgique. Alors, le chant porte vraiment la parole de Dieu. « Combien j'ai pleuré à entendre vos hymnes, vos cantiques, les suaves accents dont retentissait votre Église! [...] Ils coulaient dans mon oreille distillant la vérité dans mon coeur », confesse saint Augustin.
Grande est la mission de la chorale paroissiale. Les fidèles qui y participent ne ménagent généralement ni leur temps ni leur énergie. Ils rendent à la communauté un service magnifique - qui, comme tout service paroissiale, est placé sous l’autorité du curé, cela va de soi ; quoique, parfois…
Dans certaines paroisses, la chorale s’est une véritable institution, plus vénérable que l’Eglise elle-même. Participer à l’eucharistie du dimanche matin, c’est un peu comme aller au concert. On prie un peu entre deux chants et, surtout, on écoute religieusement la chorale. Et c'est beau, très, très beau. Mais c'est faux, très, très faux. Comment ça, faux ? Le chant est juste, bien sûr, mais la place qu'il occupe peut fausser la célébration eucharistique.
C'est la chorale qui est au service de la liturgie et de l'assemblée, et non l'inverse. Elle sert la liturgie, mais ne l'occulte pas; elle porte le chant des fidèles, mais ne le remplace pas. Elle est comme un support, un outil précieux qui permet de porter l'action de grâce de chacun.
Le silence aussi a toute sa place, il laisse à chacun le loisir de méditer et de se recueillir.
A l'animateur des chants revient la difficile mission d'encourager les fidèles à chanter, de les diriger sans trop s'agiter, et d'harmoniser1e son. Il est compétent, courageux, calme, précis, patient et, surtout, plein d'espérance. N'oublions pas non plus l'organiste qui met son talent musical au service de tous, soutient avec efficacité le chant communautaire.
Prier et chanter à l'unisson, tout un art! Comme l'encens, notre chant, en montant vers Dieu, exprime notre prière. Il «enchante» le Ciel de nos louanges, de nos actions de grâce, de nos supplications. Chantons donc de tout notre coeur puisque « celui qui chante, disait saint Augustin, prie deux fois ».
Juliette LEVIVIER, dans Famille Chrétienne n° 1670